Comme le milieu naturel, l’environnement artificiel et humain présente une structure géologique. Chaque phase historique y dépose une strate de produits, fruits de ses techniques, de ses formes d’organisation sociale, de ses systèmes de consommation, de ses cultures.
Des choses disparaissent, certaines laissent des traces, d’autres deviennent le substrat de sédimentations futures.

La mise à jour des strates sont autant de traces qui permettent de reprendre le processus de formation et de développement de la ville à travers les bouleversements récents et créer ainsi une ouverture vers de possibles substitutions.

Dans cet esprit, la mise en évidence de traces, par les divers artifices de la composition urbaine, la délimitation des emprises privées et encore la gestion de scènes de développement local permet de transformer le « vide » en « espace », le programme utilitaire en œuvre culturelle, de qualifier et de donner du sens.

Le sens est la condition de l’urbanité, l’ouverture est la condition du lien. Le sens apporté à l’espace public est le gage de son insertion dans l’ensemble urbain dont il ressort. Il est aussi le meilleur mode d’embrayage de l’espace sur le volume, de la composition urbaine sur l’architecture. Quand l’espace public, élément autonome du projet urbain, se tient par sa dimension culturelle, il équilibre les volumes construits, appelés à un dépassement de leur seule valeur fonctionnelle ou commerciale.
Les traces du territoire deviennent ainsi la première couche d’un projet urbain en progrès.